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ABADLA  LE GRAND GUIR
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24 février 2010

ORIGINE ET ÉVOLUTION DU CHEVAL DU GUIR

Avec les migrations humaines de race punique qui devaient donner la souche des tribus berbères,le barbe est le premier cheval qui ait été introduit en Afrique du Nord et ait pénétré dans le Sud. IIs’est maintenu dans le Guir car on pouvait l’y élever, avec l’expansion musulmane au VIIe siècle, des chevaux arabes venus avec les caravanes apportèrent un peu de leur « sang » qui s’estompa par la suite parce que sporadique. Au hasard des déplacements des tribus, la population chevaline fut en état de variation désordonnée avec toutefois une très forte imprégnation de sang barbe. Puis, comme les gens, le cheptel se stabilisa en partie.Dans des conditions climatiques pénibles, avec une nourriture trop souvent parcimonieuse pour un travail sans rapport avec la vigueur de l’animal, la grande fantaisie qui présidait à cet élevage sans méthode aboutit à un petit barbe autochtone, étroit, serré, fait souvent en lame de couteau, en général décousu ; l’encolure renversée, mal greffée, se prolonge par un dos de mulet et fréquemment par un rein mal attaché. Les géniteurs mal conformés, trop jeunes ou trop vieux, fatigués voire surmenés perpétuaient la médiocrité. Certes, certains caïds ramenaient bien du Maroc ou d’Algérie quelques bons sujets, chevaux ou juments à prédominance de sang arabe, mais ce n’était là qu’un apport de sang fort intermittent et très limité dont tout le bénéfice restait aux tentes du notable ; de plus ce sang exigeant s’accommodait difficilement de la pauvreté du Sud. On trouve encore actuellement des spécimens de ce barbe heurté chez des éleveurs méfiants ou trop éloignés qui n’ont pas recours aux bons offices des étalons de l’État ; ils sont rares fort heureusement. Cette défectueuse conformation était compensée par les qualités inhérentes à la race : grande énergie, rusticité à toute épreuve, membres extrêmement solides. Les Français s’intéressèrent à cet élevage. Les premiers étalons des Remontes Militaires arrivaient à Abadla en 1909, venant du dépôt de Mostaganem. Très tôt, on s’attacha par des primes à rechercher les poulinières. La tranquillité régnant dans la région, les .éleveurs reconstituèrent leur jumenterie en s’adressant un peu partout sans trop se préoccuper ni du type, ni du format. 11 y eut ainsi des juments importantes, communes, heurtées avec des rayons supérieurs mal dirigés, quelques unes d’un joli type de selle reflétant un certain pourcentage de sang oriental, mais la malheur partie de la jumenterie était constituée en 1913 de femelles amples, très fortement imprégnées de sang barbe avec de bons rayons et un développement du bassin remarquable. On estimait à cette époque que des accouplements judicieux devaient produire du bon cheval de guerre.

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