Avec les
migrations humaines de race punique qui devaient donner la souche des tribus berbères,le barbe est le
premier cheval qui ait été introduit en Afrique du Nord et ait pénétré dans le
Sud. IIs’est maintenu
dans le Guir car on pouvait l’y élever, avec l’expansion musulmane au VIIe
siècle, des chevaux arabes
venus avec les caravanes apportèrent un peu de leur « sang » qui s’estompa par
la suite parce que sporadique. Au hasard des déplacements des tribus, la
population chevaline fut en état de variation désordonnée avec toutefois une
très forte imprégnation de sang barbe. Puis, comme les gens, le cheptel se
stabilisa en partie.Dans des conditions climatiques pénibles, avec une nourriture trop
souvent parcimonieuse pour un travail
sans rapport avec la vigueur de l’animal, la grande fantaisie qui présidait à
cet élevage sans méthode aboutit à un petit barbe autochtone, étroit, serré,
fait souvent en lame de couteau, en général décousu
; l’encolure renversée, mal greffée, se prolonge par un dos de mulet et fréquemment
par un rein mal attaché. Les géniteurs mal conformés, trop jeunes ou trop
vieux, fatigués voire surmenés perpétuaient la médiocrité. Certes, certains caïds
ramenaient bien du Maroc ou d’Algérie quelques bons
sujets, chevaux ou juments à prédominance de sang arabe, mais ce n’était là qu’un
apport de sang fort intermittent et très limité dont tout le bénéfice restait
aux tentes du notable ; de plus ce sang exigeant s’accommodait difficilement de
la pauvreté du Sud. On trouve encore actuellement des spécimens de ce barbe
heurté chez des éleveurs méfiants ou trop éloignés qui n’ont pas recours aux
bons offices des étalons de l’État ; ils sont rares fort heureusement. Cette défectueuse
conformation était compensée par les qualités inhérentes à la race : grande énergie,
rusticité à toute épreuve, membres extrêmement solides. Les Français s’intéressèrent
à cet élevage. Les premiers étalons des Remontes Militaires arrivaient à Abadla
en 1909, venant du dépôt de Mostaganem. Très tôt, on s’attacha par des primes à
rechercher les poulinières. La tranquillité régnant dans la région, les
.éleveurs reconstituèrent leur jumenterie en s’adressant un peu partout sans trop
se préoccuper ni du type, ni du format. 11 y eut ainsi des juments importantes,
communes, heurtées avec des rayons supérieurs mal dirigés, quelques unes d’un
joli type de selle reflétant un certain pourcentage de sang oriental, mais la
malheur partie de la jumenterie était constituée en 1913 de femelles amples,
très fortement imprégnées de sang barbe avec de bons rayons et un développement
du bassin remarquable. On estimait à cette époque que des accouplements
judicieux devaient produire du bon cheval de guerre.