Développement de la pisciculture saharienne
Aujourd’hui, ce barrage nous donne sa manne de comestibilité en matière de viande de poisson.La photo montre ce calibre dont tout lecteur peut imaginer le poids de
cette créature aquatique du barrage de Djorf Torba qui n’est pas
l’unique. Ce poisson a été pêché par filet par une équipe scientifique
bien spécialisée avec ses équipements, dans ce domaine halieutique.
Cela a commencé à porter ses fruits qui seront notamment économiques
localement ou même vendus à l’étranger pour les gastronomes des plats
de poissons d’eau douce.
Les zones sahariennes possèdent des potentialités hydriques
superficielles très importantes Oued Guir dans la localité de Bechar
jusqu’à la plaine d’Abadla. Oued Righ de Touggourt jusqu’à chott
Merouana wilaya de Oued Souf, sans oublier les ressources
souterraines.
Leur valorisation par la pisciculture saharienne se traduit sans doute par le programme de la relance économique du ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques, de développer cette activité par le financement des fermes pilotes de production d’alevin.
Les différentes espèces d’eau douce ont fait l’objet d’un essai
d’élevage dans le Sud-Ouest algérien notamment la carpe argentée. En
effet, signalons que la production d’aliment spécial pour poisson a été
prise en charge par le ministère de la Pêche et des Ressources
halieutiques, le Centre national pour le développement de la pêche et
de l’aquaculture (CNDPA) et l’Office national de l’alimentation de
bétail (Onab).
L’Onab dispose de 7 unités au niveau national dont
l’UAB (Unité d’aliment de bétail) de oued Telilat de la wilaya de
Sidi-Bel-Abbès a été choisie et qui est opérationnelle. Cette dernière
commercialise ses produits en matière d’alimentation pour les poissons.
Le développement de la production nécessite la maîtrise de trois
facteurs indispensables.
Le premier facteur est la production d’alevin concernant le tilapia qui a été réglé dans la région du sud-ouest du pays par la mise en place d’une écloserie, dont l’objectif de production est de trois milliards par an d’alevin de tilapia rouge mono-sexe. S’agissant de la carpe qui est commercialisable, sa reproduction artificielle est parfaitement maîtrisable. Pour ce qui est de la carpe chinoise (à grande bouche), une écloserie est en voie de réalisation au niveau du BDT. Le poisson chat constitue une espèce potentielle pour le développement de la pisciculture saharienne. Des essais de reproduction artificielle ont été réalisés au niveau de la ferme Zahra (W. de Ghardaia) qui ont donné de bons résultats. Le deuxième facteur découle de la production d’aliment artificiel sous forme de granulés. L’aliment sec plongeant est fabriqué par l’Onab à base de protéine d’origine végétale (32 %) répondant aux besoins des espèces citées. Le troisième facteur est la maîtrise de la réalisation des structures de production (génie aquacole).
Dan ce contexte, l’écloserie nécessite un personnel très qualifié en matière bioaquatique pour la production du phytoplancton et du zooplancton qui sont capitaux pour l’alimentation des alevins.
La vie des poissons exige différents types de bassins ayant les formes cylindro-coniques, circulaires, rectangulaires. Les étangs généralement sont réalisés dans le sud-ouest en géo-membrane. Encore un point important à ne pas négliger, c’est l’aspect sanitaire, lorsqu’on atteint un certain degré de développement. Le rôle des vétérinaires est inéluctable au niveau des DPRH dans chaque wilaya pour effectuer le suivi rigoureux et l’élaboration des plans prophylactiques.
Par ailleurs, l’investisseur M. Chouaïb Belhasnet est en train de réaliser un centre de pêche au niveau du BDT. Le choix du terrain a été effectué par la commission composée des membres de la DPRH, l’ANBT (Agence nationale des barrages et transferts) et l’investisseur de la wilaya de Béchar.Il est à rappeler que ce centre de pêche permettra d’exploiter rationnellement le barrage en matière de production piscicole et la création d’emplois dans ce cadre.
Néanmoins, l’investisseur précise que les besoins en alevins pour l’exploitation de ce grand barrage en point de vue superficie, une écloserie piscicole rudimentaire a été installée en attendant l’achèvement de l’étude et la réalisation de l’écloserie qui aura pour objectif de satisfaire la région du sud-ouest des alevins de carpe.
L’ANBT a facilité toutes les procédures en mettant à disposition les
études existantes au niveau du barrage. Il a ajouté encore que les
investisseurs ont organisé récemment une journée d’information sur le
développement de la pisciculture saharienne.
Rappelons qu’une cérémonie de dégustation de viande de ces poissons qui ont été ensemencés en juin 2006 a donné l’opportunité aux stagiaires de la section cuisine du CFPA de traiter et préparer le poisson par des séances d’apprentissage lors de la journée d’information. Comme il remercie les collectifs du centre universitaire et ceux du CFPA de leur collaboration.

